J – 22 jours avant Noël : en pleine course aux cadeaux, les français n’ont pas toujours conscience qu’entre surconsommation, déchets plastiques, arbres coupés, festins à base de poissons et gaspillage occasionnés, la période est très nocive pour la planète. Pour alerter sur les dommages subis par les animaux marins à cause de la pêche, du plastique et des produits chimiques, Sea Shepherd détourne, avec l’agence Braaxe, le célèbre jeu “Docteur Maboul” et propose “Opération Océan”.

À la place du célèbre patient qui bipe lorsqu’on l’opère, l’ONG a mis en scène un dauphin contaminé par des déchets issus d’objets fréquemment trouvés dans les océans : filet de pêche, hameçon, brosse à dent, flacon de produit chimique et mégots. Dix jeux “Opération Océan” ont été fabriqués. A terme, ces jeux ont pour vocation d’être utilisés lors des “Ateliers Sea Shepherd Kids”.

Sea Shepherd pirate Noël et détourne “Docteur Maboul” pour alerter des dangers sur la vie marine de la pollution marine et de la pêche.

Il devrait y avoir, dans un peu moins d’un mois, environ 60 millions de jouets au pied des sapins en France. Et forcément, autant voire plus d’emballages….difficilement voire non recyclables. Une période propice aussi à l’explosion de la consommation de saumon dont l’élevage est particulièrement nocif à la vie marine : il faut environ 7 kilos de poissons sauvages pour obtenir un kilo de saumon d’élevage. Sea Shepherd France, une organisation indépendante qui traque sans relâche ceux qui détruisent les océans, a décidé, avec l’agence de communication Braaxe, de détourner le jeu culte “Docteur Maboul” pour sensibiliser le plus grand nombre à l’impact sur la faune de la pollution marine et de la consommation de poissons.

Tout le monde connaît la règle du jeu “Docteur Maboul” : récupérer avec douceur et agilité des objets en plastique ayant atterri dans le corps du patient sur la table d’opération sans toucher directement le malade, sous peine que son nez ne devienne rouge. Pour Noël 2019, exit le malade au nez rouge qui bipe, place au dauphin contaminé par un bout de filet de pêche, un hameçon, un morceau de brosse à dent, un extrait de flacon de produit chimique ou un mégot.

Sea Shepherd

Filet de pêche, hameçon, brosse à dent, flacon de produit chimique et mégots : nos déchets empoisonnent l’océan et tuent les animaux marins à petits feux

Selon l’agence des Nations unies pour l’environnement, 70% des gros déchets en plastique qui flottent sur les mers sont liés aux équipements de pêche perdus ou abandonnés par les bateaux de pêche. Quelques 640000 tonnes de filets et autres matériels de pêche sont jetées dans les océans chaque année, causant la mort d’environ 136000 phoques, dauphins, otaries, tortues, petites baleines et autres oiseaux de mer. La pêche dite “active”, quant à elle, capture chaque année environ 300 000 mammifères marins chaque année. Elle est devenue la première cause de mortalité des baleines, dauphins et phoques.

Avec “Opération Océan”, Sea Shepherd souhaite aussi alerter sur le fléau des filets et lignes de pêche déployés dans l’océan pour répondre à une demande en poissons qui ne cesse de croître. Tandis que les chaluts et les dragues déciment les populations du fond, les lignes d’antan se sont muée en palangres, certaines longues de plusieurs dizaines de kilomètres et équipées de milliers d’hameçons, qui ravagent les couches supérieures de la mer. “La longueur de toutes les palangres mouillées chaque nuit mises bout à bout feraient 500 fois le tour du globe !” explique Lamya Essemlali, présidente de l’association Sea Shepherd France, antenne française de l’ONG.

Autre danger pour la vie marine : les mégots de cigarettes. “4 300 milliards de mégots de cigarettes sont jetés dans les rues chaque année. Assis à une terrasse de café à des centaines de kilomètres de la mer, combien jettent nonchalamment leur mégot de cigarette dans le caniveau, sans penser une seconde qu’il mettra 12 ans à se décomposer, polluera 500 litres d’eau et finira peut-être dans l’estomac d’un animal marin ?” poursuit-elle.

“Si l’Océan meurt, nous mourrons tous !”

“La plus grande menace qui pèse sur l’océan est la pêche. Suivent la pollution plastique, chimique, sonore, le changement climatique, l’exploration pour les énergies fossiles…Et d’ici à 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan !”, alerte l’ONG. “L’océan est la premier organe de régulation du climat, de captation de carbone et premier producteur d’oxygène. Si l’océan meurt, nous mourrons tous. Nous espérons qu'”Opération Océan” permettra une prise de conscience des dangers de la pollution marine dans une période de l’année où de nombreux Français envisagent de consommer du poisson”  rappelle Lamya Essemlali.

Réduire voire stopper sa consommation de poissons

Après les constats, place à l’action. Réduire drastiquement – ou mieux – stopper sa consommation de poissons est le changement le plus important et le plus significatif pour l’océan, selon Sea Shepherd.

“Si l’on fait une moyenne mondiale, on nous incite à consommer environ 260 g de poisson et fruits de mer par semaine, quantité presque double de celle disponible. Il n’y a pas suffisamment de poisson dans la mer pour suivre ces recommandations. Ces recommandations sont irresponsables et irréalistes. Elles nous incitent ni plus ni moins à tuer l’océan, et nous avec.”

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