La publicité a clairement profité de la transformation numérique : les messages des annonceurs véhiculent promptement et atteignent un plus grand nombre de clients potentiels. Le revers de la médaille ? Les avalanches d’annonces poussent les internautes à bloquer entièrement les bannières publicitaires. 

Les chatbots dans les bannières publicitaires et sur des vidéos semblent être la meilleure réponse 

Display, retargeting… les jeunes générations, en particulier la génération Z, celle des Millenials, rejettent en masse la publicité en ligne. Conséquence ? La montée des AdBlockers. Ainsi en 2018, 600 millions de personnes ont utilisé AdBlock Plus, logiciel devenu très populaire, permettant de bloquer les affichages publicitaires sur les sites web.  En outre, la montée en puissance des blocages publicitaires s’immisce également sur les mobiles et sur les sites ou applications spécialisés, comme Facebook.

Pourtant, le marché de la publicité en ligne est en pleine croissance : de 229 milliards de dollars en 2017, il pourrait atteindre 336 milliards en 2020. En dépit de nombreuses fusions et acquisitions, ce marché est encore très fragmenté : les 15 premiers acteurs représentaient moins de 40% du marché total en 2017.

Ce rejet de l’AdTech traditionnel est un donc un problème pour les annonceurs prêts à investir pour conquérir de nouvelles audiences. Les contenus de marque, Brand Content ou Branded Content, sont des contenus sponsorisés par les marques et les annonceurs et apparaissent comme une alternative pour reconquérir les audiences fatiguées par une overdose de publicités traditionnelles. Le Native Advertising est une des émanations du Branded Content : il s’adapte aux contraintes des éditeurs (ou publishers) tout en se fondant dans le contenu plébiscité par les internautes. Le native advertising prend plusieurs formes :

  • les liens commerciaux (sponsorisés) qui apparaissent dans les résultats de recherche de Google ou Yahoo (et qui sont les précurseurs du native advertising).
  • les billets sponsorisés que l’on voit fleurir sur les principaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram), mais aussi les vidéos et images sponsorisées sur YouTube, Pinterest, etc.,
  • les widgets de recommandation (sur Outbrain, Disqus, etc.),
  • les listes sponsorisées (sur Amazon, Foursquare, Etsy, Google),
  • les articles de fond, enquêtes ou dossiers, publiés dans la presse web et sponsorisés par une marque.

Chatbots publicitaires : Révolution d’avenir pour le marketing

Du fait de cette fatigue pour les publicités traditionnelles et le Display en particulier, la conversation apparaît donc comme une alternative crédible et prometteuse. Elle s’incarne à travers des chatbots de marketing ou bien d’aide à la vente. Ces chatbots peuvent être déclenchés grâce à des critères de ciblage comme par exemple le contexte, l’activité ou la localisation.

En Chine, les chatbots de marketing sont courants sur WeChat (une plateforme de paiement qui a maintenant plus d’un milliard d’utilisateurs et qui est devenue l’application à tout faire, la “super application”) ou bien même sur Baidu (le concurrent chinois de Google). Les chatbots publicitaires ont aussi leur place sur nos media sociaux, comme Twitter et Facebook.

Les utilisateurs et notamment les jeunes générations préfèrent ces robots conversationnels aux conseillers humains qui leur apparaissent moins intrusifs et plus efficaces. Il n’est donc plus nécessaire de leur donner une apparence humaine. A titre d’exemple la SNCF a récemment remplacé son emblématique avatar nommé Léa par OUIBot, un assistant conversationnel sans avatar.

Les chatbots intégrés dans les bannières publicitaires pour améliorer l’expérience client 

Autre utilisation des chatbots dans la publicité : leur intégration dans les bannières. L’idée est de remplacer une bannière statique et cliquable par une bannière dynamique avec laquelle l’internaute peut converser, tout en restant sur le site de l’éditeur.

Un des pionniers dans ce domaine, est probablement Teads, startup connue pour ses formats vidéo. Ainsi, pour le compte de son client Tommy Hilfiger, l’entreprise a intégré un chatbot dans l’une de ses publicités vidéo. Le chatbot, accessible via un Call to Action et visible sur la vidéo, encourage alors les utilisateurs à interagir. Le chatbot Tommy Hilfiger, développé en partenariat avec la société msg.ai, permet au consommateur d’explorer la nouvelle collection de la marque, en posant des questions qui permettront d’identifier les goûts personnels de chacun mais aussi les tailles requises. Pour acheter des produits suggérés par le chatbot, les clients sont redirigés sur le site tommy.com, où ils retrouvent les produits qu’ils ont déjà placés dans leur panier.

Chatbots publicitaires et chatbots dans des bannières sont les premières formes d’intégration des agents conversationnels et de la publicité. A n’en pas douter, d’autres intégrations, sans doute plus subtiles, sont à venir. 

Tribune de Yan Georget / Co-fondateur de Botfuel 

Yan Georget

A propos de Botfuel 

Botfuel est une plateforme de développement de chatbot à destination des développeurs et des entreprises. La startup développe depuis 2016 des technologies d’intelligence artificielle et de traitement automatique du langage pour permettre aux entreprises de se doter de chatbots dits de seconde génération, capables de mener des conversations élaborées avec leurs utilisateurs et d’implémenter des services conversationnels avancés. Plus d’informations sur https://www.botfuel.io

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here