La semaine de la mode ou plus communément appelée Fashion Week, est un évènement organisé par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode dès 1973 à Paris qui permet aux professionnels de la mode de présenter leurs nouvelles collections.

Paris, capitale de la mode dès le XIXème siècle, est reconnue pour être le berceau de la haute-couture. Ce titre de capitale de la mode s’est tout de même élargi et Paris le partage aujourd’hui avec trois autres villes, Milan, Londres et New-York. Ces quatre villes sont souvent appelées les Big Four.

En 1975, le concept de la Fashion Week se développe en Italie, à Milan où les couturiers italiens présentent leur savoir-faire qui se distingue de celui des couturiers français. Londres et New-York, villes influentes, s’approprient également l’idée d’une Fashion Week, et l’organisent à partir des années 1980 et 1990.

Il existe trois types de Fashion Week : la présentation des collections prêt-à-porter féminin, prêt-à-porter masculin et haute-couture, cette dernière se déroulant exclusivement à Paris.

Du 15 au 24 janvier derniers, s’est donc tenue la Fashion Week Automne/Hiver Homme et Haute Couture dans les lieux les plus prestigieux de Paris, tels que le Grand Palais ou le Palais de Tokyo. Une semaine où styles, époques et genres se mélangent sur le podium provoquant des surprises et une fascination toujours renouvelées. Mais plus que tout la Fashion Week est l’évènement par excellence de la mise en scène.

Fashion Week
Chanel haute couture printemps-été 2019 à Paris, janvier 2019
© Laurent Vu/SIPA

Le style reflet de la personnalité, une collection reflet de l’identité d’une marque

Chanel au Grand Palais

Au Grand Palais, le défilé Chanel s’est déroulé dans un décor de villa italienne avec piscine. La mariée faisait écho à ce décor extraordinaire, a défilé en maillot de bain étincelant. Un effet de mise en scène en effet tout à fait époustouflant auquel Chanel souhaite habituer les spectateurs. En effet, la collection Printemps-Été 2019 avait été présentée en octobre 2018 dans un décor paradisiaque de bord de mer, avec un réel mouvement des vagues, et un podium ensablé.

Bien que certains critiques évoquent un retour au XVIIIème siècle avec la broderie de fleurs déclinées sous plusieurs formes et plusieurs matières, Karl Lagerfeld a présenté une collection moderne, également inspirée de la mode du XXème siècle et du concept de la femme moderne.

Cette conception de la femme se retrouve également dans les dernières campagnes de publicité de la maison Chanel. Camille Cottin, actrice française connue pour son humour insolent, incarne le personnage de la femme moderne et indépendante dans les vidéos réalisées en décembre par Éloïse Lang, et présentant la montre J12. Réalisées avec beaucoup de sarcasme, ces vidéos révèlent une femme élégante et audacieuse, à l’image du défilé Chanel ce 22 janvier dernier.

Dior au musée Rodin

Dior au musée Rodin a également travaillé minutieusement sur la mise en scène. La maison a dressé un chapiteau au milieu du musée où mille lumières éclairaient le podium.

Inspirée du monde du cirque, Maria Grazia Chiuri a présenté une collection avec multiples couleurs, froufrous et rubans. Un trait de crayon et d’eye-liner appuyé maquillait le visage des mannequins qui défilaient vêtues de bonnets pailletés et d’un léger voile quadrillé, imitant la tenue d’un trapéziste.

Rappelons que le premier défilé présenté par Christian Dior en janvier 1947, dévoilait une collection allant à l’encontre de la mode d’avant-guerre, avec notamment la pièce maîtresse de ce défilé, le tailleur Bar à la taille cintrée et hanches larges.

De même qu’en 1954, Dior présente un style tout à fait différent de ses collections précédentes, avec des vêtements dont la forme marque peu la taille.

L’originalité et la rupture avec le style précédemment établi sont ainsi les concepts sur lesquels la maison se développe et dont Maria Grazia Chiuri s’est appuyée pour son défilé le 21 janvier.

Hedi Slimane et Céline

Hedi Slimane, photographe et styliste français, a présenté la nouvelle collection Automne/Hiver homme de Céline dont il a été nommé directeur artistique en février 2018, dans l’objectif de diversifier les produits, notamment de la collection homme.

Depuis sa création en 1945, la maison n’avait auparavant jamais réalisé de défilé entièrement masculin.

Considéré comme le Français le plus influent du monde en novembre 2018 par Vanity Fair, Hedi Slimane a en effet présenté une collection qui sort de l’ordinaire. Du look rocker au look rétro, Slimane a mis en scène des mannequins dont le style capillaire, notamment des coupes au bol, correspondait également à la tenue.

Bien plus que des vêtements, ce sont des styles que présente la maison Céline. La volonté de briser les codes avec impudence distingue la marque tout aussi bien son style vestimentaire que dans ses campagnes publicitaires.

En 2015 c’était Joan Didion, l’écrivaine octogénaire américaine qui posait sur les affiches Céline avec lunettes de soleil sur le nez et un air presque méprisant. C’est en septembre 2018 qu’Hedi Slimane signait sa première campagne print Céline, reprenant cette suffisance du regard en mettant en scène des mannequins androgynes.

Des campagnes chocs et audacieuses qui valent à la marque une identité singulière qu’Hedi Slimane est parvenu à mettre en scène dans son défilé ce 20 janvier.

Céline

Schiaparelli à l’Opéra Garnier

Enfin, lundi 21 janvier c’est la maison Schiaparelli qui a ouvert la collection Automne/hiver Haute Couture à l’Opéra Garnier.

Lors d’une interview réalisée par les journalistes de Fashion Network, Bertrand Guyon, directeur artistique de la maison, nous confie qu’il a souhaité travailler autour des souvenirs de l’enfance, en hommage à la créatrice Elsa Schiaparelli (1890-1973) dont le travail tout au long de sa vie a exprimé sa fascination pour les fleurs.

La collection, comme l’explique Bertrand Guyon, représente ce monde de fantaisie, de naïveté et de jeux et reprend également l’idée du cosmos. Il précise que pour lui la cosmologie et la nature sont deux univers qui se répondent.  

Une collection qui apporte ainsi une fraîcheur, avec des couleurs lumineuses et claires, non seulement au défilé mais également à l’image de la maison. Dans ses derniers films de campagnes réalisés en septembre 2018 par Steve Mackey et Douglas Hart, Schiaparelli jouait entre couleurs sombres et flash.

Avec ces vidéos inspirées du mouvement introduit, entre autres, par Man Ray, la marque a souhaité créer une campagne mêlant danse contemporaine et projection d’images surréalistes. L’idée étant de stimuler nos cinq sens et de nous faire entrer dans un monde parallèle. L’atmosphère rappelle donc la collection de Bertrand Guyon qui représente également cet univers surréaliste.

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