Chaque mois, L’Observatoire des comportements de consommation , commandité par l’institut de sondage Odoxa et l’agence de communication Emakina , dévoile une étude sur les comportements des Français. Celle du mois de mai s’intéresse à la data, et surtout à la perception des français vis-à-vis d’elle, RGPD oblige.

Les français n’accrochent pas

Malgré les nombreuses techniques marketing inventées pour catcher le consommateur et invoquer une certaine personnalisation des produits/services dans leurs démarches, qu’elles soient innovantes au possible ou traditionnel à souhaite, le français n’en reste pas moins hostile. 64% des Français n’apprécient pas qu’on leur suggère des produits correspondant à leur profil et à leurs goûts, 65% n’aiment pas recevoir de newsletters et promotions de produits par mail. Les publicités ou promotions qui correspondent à leurs goûts sont rejetées par 72% des Français et 74% d’entre eux n’apprécient pas qu’on les suivent en tant que clients pour une expérience cross-canal. Enfin, rien de nouveau de ce point de vue là, mais les fenêtres « pop-up » suscitent l’agacement de 9 Français sur 10 !

Dans cette majorité de français, se cache un petit village gaulois qui ouvre grand les bras à la personnalisation et au tracking : les jeunes. Plus on est jeune, plus le suivi en tant que client (39% chez les 18-24 ans contre 15% chez les 65 ans et plus), la publicité personnalisée (37% contre 19%) ou les mailings (41% contre 30%) sont appréciés.

Face à cette obstacle, les français trouvent des parades

Si l’utilisation des données pouvaient être au début un moyen pratique de ne pas débourser d’argent en fonction de quelques données, il s’avère que cette monnaie d’échange est devenu un obstacle pour les Français. On observe de plus en plus l’apparition de pop-up par exemple, qui nous brouille l’accès à un site internet si l’on ne rentre pas notre adresse e-mail. Ce type de moyen devient un frein, et est perçu comme non équitable face à la valeur d’une donnée pour un simple contenu. Le français renonce alors à poursuivre sa navigation ou l’achat de son produit.

Deuxième problème : les marque collectant les données se voient arnaquées à son tour. En effet, face à cette attaque, les Français donnent de fausses informations pour bénéficier d’un contenu, un produit ou un service sans payer la taxe des données. Cette sournoiserie entraîne la création d’une base de donnée erronée pour les marques et constitue un dysfonctionnement dans sa stratégie de personnalisation. Cet effet boule de neige aura pour simplet effet de voir diminuer sa communauté, ses consommateurs ou ses clients. 43% des Français ont en effet déjà donné des informations inexactes pour éviter qu’une marque utilise leurs données et 29% n’ont pas hésité à renseigner une adresse mail erronée !

Paradoxalement, Les jeunes, nettement plus ouverts à ces techniques que leurs aînés, renoncent moins à un service (68% des 25-34 ans) mais la majorité d’entre eux les contournent quand ils le veulent. 55% des moins de 35 ans ont déjà donné de fausses informations et 53% des 18-24 ans se sont créé une adresse mail poubelle. Au global, 78% des moins de 25 ans ont déjà utilisé une de ces parades

Les marques ont changé l’emballage sans changer le produit

“En matière de marketing et de relation client, les marques ont changé l’emballage sans changer le produit. Elles emploient de nouveaux mots comme “engagement”, “marketing relationnel”, “création de lien” mais continuent avec les mêmes techniques. Quand 65% des Français ne veulent pas recevoir de newsletter, que 72% ne veulent pas de publicité même personnalisée, que 74% ne veulent pas être suivis et que 90% ne supportent pas les pop-up, on voit bien que le marketing qui est supposé créer de l’engagement est une machine à exaspérer. Les marques pourraient se rassurer en se disant que les jeunes générations sont plus ouvertes à certaines pratiques. Mais lorsque seulement 53% des 24/28 ans apprécient les offres personnalisées, que 39% aiment être suivis et que 37% apprécient les publicités personnalisées, on est tout de même très loin du plébiscite. Et rien ne dit qu’avec l’âge, ils ne vont pas se lasser ou devenir plus sensibles aux enjeux de la personnalisation du marketing. Ils sont d’ailleurs, plus que leurs ainés, adeptes de la pratique qui consiste à donner de fausses informations aux marques qui collectent leurs données” Manuel Diaz, président d’EmakinaFR

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