De plus en plus de films et séries -d’utopie pour certains, de dystopie pour d’autres- (cf : Black Mirror ou encore Seven Sisters) nous plongent dans un futur proche où les nouvelles technologies, le digital et nos smartphones, plus particulièrement, deviennent le cœur et le maître-mot de notre société. Affriolant ou angoissant, nous avons tous un avis sur le sujet.

L’utilisation quotidienne que nous faisons de notre smartphone est de plus en plus poussée. Il est là dès que le réveil sonne (c’est souvent lui le réveil), sur la table de chevet, il accompagne les moments de solitude dans les transports en commun (musique, réseaux sociaux, journaux…) et nous suit jusqu’au travail. C’est pourquoi, on entend de plus en plus parler de « digital détox ». Soit une déconnexion numérique qui consiste à se déconnecter de ses écrans (smartphone, tablette, ordinateur) pour mieux se reconnecter à soi-même. Ainsi comme le dit Antonio FERNÁNDEZ VICENTE : « Avec le portable connecté aux réseaux on porte partout notre sphère délocalisée de communication.»

Ainsi, des expressions telles que « FOMO » (Fear Of Missing Out) et Nomophobie ont même été créées. Cela traduit cette peur irrationnelle de manquer une information importante (réseaux sociaux, mails, appels..) ou d’être séparé de son téléphone. Difficile de s’en détacher quand toutes nos données se trouvent dessus.

Pouvoir débrancher devient donc aujourd’hui un luxe. Cette hyper-connectivité est souvent due à une forme de pression sociale : être disponible, rapidement, afin de répondre aux attentes de notre entourage. Mais aussi, lutter contre les temps morts, être le premier à voir une information… La technologie et nos mobiles ne sont pas des problèmes en soi, car chaque application, site et interface nous rend service, c’est en fait la façon dont on s’en sert et notre relation à eux qui peuvent poser problème.

Les apps mobiles ne sont pas encore démodées, bien au contraire… (Le seront-elles d’ailleurs un jour ?). Certaines entreprises  ont misé sur la technologie. Celle même qui nous pose problème, et en même temps,  celle qui peut aussi nous permettre de tourner le dos à ces distractions que nous offre le monde connecté d’aujourd’hui.

Ces quelques applications en font partie :
– BreakFree : Prenez conscience de votre addiction à votre smartphone.
– QualityTime : Accordez-vous des pauses sans smartphone.
– Flipd : Concentrez-vous sur une seule tâche.
– Offtime : Déconnecter de votre smartphone sans craindre de rater l’essentiel.
– Forest : Application mobile qui sème la graine de l’usage responsable

Cette tendance et ces acteurs de la digital detox élèvent une idéologie pré-dominante de notre décennie. Celle qui prône la destruction pour la reconstruction, qui accuse une utopie néfaste et qui a pour devoir de remettre de l’ordre dans la société lorsqu’elle se perd.

Digital x Dystopie : la révolution ne fait que commencer !

Dystopie : société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou un idéal néfaste. Et si cette définition ne s’attribuait pas à un monde imaginaire, mais à notre société actuelle ? Une société qui traque sa population, une société militariste et sécuritariste, une société qui prône des discours d’insécurité face aux enjeux contemporains. Bref, un manque de vision pour la société. La dystopie a le devoir de remettre de l’ordre par le chaos, ou de mettre le chaos par l’ordre. Et ce par tous les moyens : contre-cultures, incitations à la transgression, devoir d’irrévérence, ces démarches s’acharnent à détruire une organisation subie. Le but : se libérer de carcans obsolètes, et se reconstruire sur une véritable utopie.

Echo aux préoccupations actuelles, la culture de masse multiplie les univers dystopiques (pour mieux s’en débarrasser à la fin). En témoigne les Black Mirror, Mad Max, Ghost in the Shell ou Blade Runner 2049 qui offrent des métaphores de notre époque asphyxiante. Sur la chaîne YouTube Outside Xbox, un film d’une dizaine de minutes décrypte «8 signs you’re living in an evil dystopia», les références bien réelles (drones de surveillance, écrans de propagande) étant illustrées par des images de jeux vidéo.

Apple, marque censé engendrer la dystopie, a su profiter de cette tendance pour la tirer à son avantage et mettre en avant l’importance des applications dans notre société. À tel point qu’elles en deviennent vitales.

Dans la vraie vie, les nouveaux héros sont les hackers, les lanceurs d’alerte, tous ces insoumis anonymes qui renversent le système. La conception va au-delà du geek seul face à son ordinateur : le livre Hacker Citizen invite chacun à «pirater la ville» à travers 50 idées pour se réapproprier «sa liberté et l’espace urbain comme lieu de vie, de sociabilisation, de culture et de conscience». Quand on commence à taper «chaos is the new» sur un moteur de recherche, celui-ci propose «normal», puis «order»: une expérience révélatrice d’une pensée nouvelle.

Alors oui, une tendance chaotique voir même anarchique née sous les projecteurs du digital et engrenée par une communauté estimant avoir perdue toute trace d’humanité. Une tendance donc pas à ne pas prendre à la légère, et qui offre des leviers de communication intéressant lorsque l’on veut dénoncer, sensibiliser, rassembler ou encore affronter. En témoigne cette publicité d’Impossible Food, sortie ce mois d’Août, où lorsque la Terre se perd, certaines personnes continuent d’y croire et s’émerveillent dans ce qui fait la réalité de notre vie. Car il ne faut pas oublier que la technologie est au service de l’homme, Impossible Food la destine à une alimentation plus saine et protectrice de la nature.

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