“La France est universellement connue pour son savoir-faire. Ce ne serait que justice qu’elle le soit également pour son savoir-tuer ». L’agence DDB Paris est partie de ce constat pour proposer son idée de campagne publicitaire à Amnesty International France.

Depuis plusieurs années le gouvernement français prône les produits et industries « made in France » vendus dans de nombreux pays. En matière de vente de produits français sur les marchés mondiaux, l’industrie du luxe est celle qui nous vient en premier à l’esprit. Pourtant la mode n’est pas le seul fleuron de l’industrie française.

Il y a également les armes, qui sont vendues dans un cadre réglementé mais peu respecté.
Le gouvernement français, qui a pourtant ratifié le Traité international sur le commerce des armes (TCA) en avril  2014, continue d’autoriser la vente d’armes à des pays qui les utilisent ensuite contre des populations civiles, se rendant ainsi complice violation graves des droits humains voire de crimes de guerre.

Une association entre la mode et les armes

Afin de rappeler au gouvernement ses responsabilités et obligations et de sensibiliser le grand public, l’association Amnesty International France, en partenariat avec l’agence DDB Paris, lance une campagne de communication qui dénonce les agissements des dirigeants français en faisant le parallèle entre l’industrie de la mode et le commerce des armes.
La campagne relaie une pétition qui réclame au gouvernement plus de transparence et des actions concrètes pour mieux contrôler ses exportations de matériel de guerre.

Cette campagne sera lancée en affichage dans la rue et dans de nombreux magazines, à partir de ce lundi 23 septembre, en même temps que la Fashion Week, et côtoiera ainsi les visuels des grandes marques de mode françaises.

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Complément d’informations

Troisième exportateur d’armes au monde, la France doit respecter le TCA, ratifié, en avril  2014, qui interdit les transferts de matériel militaire quand il existe un risque majeur de violations graves du droit international humanitaire et des droits humains.
Or il s’avère que le gouvernement continue d’autoriser la vente d’armes à plusieurs pays qui les utilisent ensuite contre des populations civiles.

  • L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont ainsi de gros clients de la France mais aussi les responsables de la guerre au Yémen désignée comme « la pire catastrophe humanitaire au monde » par les Nations unies.
  • L’Égypte, autre pays commettant des violations des droits humains sur des populations civiles, est également un fidèle client de la France.

Depuis 2017, contrairement à la France, plusieurs pays européens ont cessé de vendre ou de transférer des armes aux pays en cause.

  • Trois pays ont réagi sous la pression de l’opinion publique en suspendant partiellement ou totalement les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis : la Belgique (Région flamande), la Grèce et les Pays-Bas.
  • L’Autriche, l’Irlande, l’Italie, la Suède et la Suisse ont mis en place des mesures restrictives pour les exportations vers l’Arabie saoudite.
  • Quatre autre pays ont annoncé la suspension de  leurs transferts d’armes vers l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis : l’Allemagne, le Danemark, la Finlande et la Norvège.

Le gouvernement français campe sur ses positions et affirme respecter ses engagements alors que les enquêtes et révélations, comme celle du média d’investigation Disclose en avril 2019, ou de l’enquête collaborative #FrenchArms en septembre 2019, s’enchaînent et prouvent le contraire.

 

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